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Le président de la Fédération camerounaise de football, ancien international et professionnel de football, était l’invité d’honneur de la 9è édition des Journées nationales des diasporas et de l’Afrique (JNDA), dont le rideau est tombé samedi, à Bordeaux.

Journée intense, riche en réflexions et propositions, samedi dernier, au Palais des Congrès de Bordeaux. Pour la clôture des Journées nationales des diasporas et de l’Afrique, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands, en s’offrant l’ancien goleador et international de football camerounais, devenu depuis décembre dernier, président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Samuel Eto’o.

Celui que beaucoup appellent affectueusement « Super 9 », en référence à son dossard fétiche et pour le différencier des autres footballeurs qui ont porté le même numéro sur le dos de leur maillot. Aussi, lorsqu’il a été annoncé et fait son apparition dans la salle, le sentiment d’assurance et de quiétude pouvait se lire sur de nombreux visages en dépit de la lumière tamisée de la salle de spectacle du Palais des Congrès de Bordeaux. Et, il faut bien le reconnaître, ils n’ont pas été déçus.

« Je connais le foot, je domine le football »

Une fois remarquablement introduit par Pierre de Gaétan Njikam, promoteur des JNDA, qui a rappelé que le nouveau président de la Fécafoot, avant de choisir de rentrer vivre au pays, était un acteur de la diaspora camerounaise et africaine, le fils de New- Bell, un quartier populaire du poumon économique du Cameroun, qui abrite notamment l’une des prisons les plus inhumaines du pays voire du continent. Sa réussite, dans la connaissance et la pratique du sport roi, n’en est que plus salutaire.

« Je connais le foot, je domine le football », a lancé Samuel Eto’o d’entrer de jeu, après avoir remercié le président des Communes et villes Augustin Tamba. « Il a joué un rôle capital dans l’ombre pour mon élection. Sans lui, cette élection aurait été beaucoup plus compliquée encore à remporter », a révélé celui qui est devenu le président de l’instance faîtière du football au Cameroun.

Des applaudissements longuement nourris ont accompagné les propos de Samuel Eto’o, de bout en bout de son intervention, qui a surtout porté sur son regard des relations de la diaspora avec la France et l’Afrique : « Si l’Afrique tombe, la France et l’Europe tomberont eux-aussi. D’abord parce que l’Europe n’est pas une île et le phénomène migratoire est là pour nous rappeler que nos deux communautés ont une communauté de destin. Ensuite, l’Europe et la France, en particulier, abritent une importante diaspora africaine qui ne peut s’épanouir en France, si dans leur pays d’origine, les gens vivent dans la pauvreté. Je suis convaincu que l’entreprenariat est une partie de la solution », a ainsi repris à son compte, Samuel Eto’o, les propos tenus par le président français Emmanuel Macron au Nigéria, il y a 4 ans, lors d’un débat organisé à Lagos par Tony Elumelum en marge de la visite du président Macron au Nigeria.

« Construire des ponts »

L’entrepreneur Samuel Eto’o, y compris du temps où il travaillait à l’étranger, sait à quel point les rencontres comme les JNDA peuvent être stimulantes pour nourrir des projets et créer des synergies : «L’évènement qui nous réunit aujourd’hui, nous offre, à nous africains et afro-européens, qui nous battons tous les jours pour innover, créer et développer l’opportunité de nouer des partenariats stratégiques avec des investisseurs qui croient en l’avenir de notre continent », a-t-il souligné.

Martelant : « Je mesure l’importance de construire des ponts reliant les africains à ceux qui, africains d’origine ou non, aiment ce continent. Les médias décrivent l’Afrique comme un endroit désolé et perpétuellement en crise. Personnellement, je perçois les crises comme une opportunité. L’Afrique est donc une terre d’opportunités ». Samuel Eto’o, le panafricaniste, a alors appelé le continent à se prendre en main pour écrire son propre narratif, plus optimiste que celui véhiculé par certains médias.

« Révolutionner le football camerounais »

Mais s’il a prouvé qu’il pouvait parler de tout, ou presque avec conviction, le président de la Fécafoot a surtout régalé le public du Palais des Congrès de Bordeaux en déclinant son projet « pour révolutionner le foot- ball au Cameroun », et lu redonner ses lettres de noblesse à l’échelle internationale.

« Nous avons prévu de mettre en place un vaste plan d’infrastructures avec des sponsors. C’est l’occasion de remercier le groupe Castel pour son accompagnement. Notre projet prévoit la construction de 12 stades de football dans différentes régions du Cameroun. L’humain étant au centre de nos préoccupations, nous avons fixé un salaire minimum pour chaque footballeur ainsi qu’une assurance maladie pour permettre aux joueurs de se soigner en cas de blessure professionnelle », soutient Samuel Eto’o.

Poursuivant : «Au sein de la fédération elle- même, une restructuration profonde nous conduira à y installer un système d’information adapté au volume d’activités, digitaliser et dématérialiser les procédures et transactions pour éradiquer la corruption et toutes les autres mauvaises pratiques. Nous travaillons également pour éviter que les footballeurs retraités ne tombent dans l’indigence. Le spectacle dans les stades augure ce qui se passe dans les médias. J’espère que les frères et sœurs ici présents, voient ce qui se passe à Mbouda, Bafoussam, Douala, avec des stades de 15.000 à 20.000 personnes, c’est juste incroyable ! ».

Dans la même optique, le président de la Fécafoot a annoncé que « Ce n’est pas de Mbappè dont le Cameroun a besoin aujourd’hui. Mais des joueurs formés au Cameroun, dans l’environnement culturel, sportif et sociologique du triangle national », prenant le pari que « dans les 3 ou 4 ans à venir, les Lions Indomptables soient constitués de footballeurs issus à 65 ou70% du championnat national camerounais et à 30% de footballeurs professionnels venus des autres championnats, notamment européens ».

Pari certes osé. Mais quand on voit com- ment les professionnels ont joué contre l’Algérie, à Douala, vendredi dernier en match aller de barrage pour la qualification de la Coupe du Monde au Qatar…On serait tenté de lui donner raison. A moins qu’un sursaut d’orgueil ne vienne renverser la table.

Cet acte 9 des JNDA était déjà considéré par nombre de participants comme un cru exception, digne des plus grands millésimes bordelais, avec les présences de SEM André- Magnus Ekoumou, ambassadeur du Cameroun en France, du ministre de la jeunesse et des sports du Congo, du ministre de la Communication et Porte-parole du gouverne- ment de la RD Congo, de l’ancien Premier ministre du Bénin Lionel Zinsou, de SEM l’Ambassadeur Fodé Sylla, du président du Gicam, Célestin Tawamba… ainsi que des intellectuels, influenceurs économiques et spécialistes de questions diverses. L’acte 9 des JNDA est définitivement gravé dans les mémoires et on peut le dire, vivement les 10 ans.

Le Messager