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Pour la 1ère fois, les femmes sont représentées dans tous les parlements du monde

La diversité et la représentativité des femmes parlementaires n’ont jamais été aussi grandes qu’aujourd’hui dans bon nombre de pays et pour la première fois, il n’existe pas un seul parlement dans le monde qui ne compte aucune femme parlementaire, selon un nouveau rapport de l’Union interparlementaire (UIP) publié vendredi dernier.

Les conclusions de ce rapport intitulé Les femmes au parlement en 2022 sont fondées sur des données provenant des 47 pays ayant tenu des élections en 2022. Dans le cadre de celles-ci, les femmes ont obtenu en moyenne 25,8% des sièges par élection ou par nomination, soit une progression de 2,3 points par rapport aux élections tenues précédemment dans ces chambres.

Au Brésil, un nombre record de 4.829 femmes qui se considèrent comme noires se sont présentées à l’élection générale (sur 26.778 candidats). Aux États-Unis, un nombre record de femmes de couleur (263) se sont présentées aux élections de mi-mandat. Le nombre de personnes représentant la communauté LGBTQI+ en Colombie a triplé, passant de deux à six membres au Congrès. Enfin en France, 32 candidats issus de minorités ont été élus à la nouvelle Assemblée nationale, soit 5,8% des députés – un taux sans précédent.

Par ailleurs, grâce aux évolutions technologiques et opérationnelles engendrées majoritairement par la pandémie de COVID-19, les parlements sont en passe de devenir des institutions plus sensibles au genre et compatibles avec la vie de famille. La présence des questions de genre dans les élections, illustrée par une sensibilisation accrue à la discrimination et à la violence sexiste, ainsi que les alliances conclues avec d’autres mouvements sociaux ont également permis aux femmes d’obtenir de bons résultats à plusieurs élections législatives.

Malheureusement, les progrès sur la voie de l’égalité hommes-femmes restent lents : le taux de progression de la représentation des femmes a enregistré son niveau le plus faible en six ans, soit 0,4 point, pour s’établir en fin d’année à 26,5%.

Des résultats nuancés selon les régions 

Au 1er janvier 2023, six pays avaient atteint la parité (ou une proportion d’élues supérieure à celle des hommes) dans leur chambre basse ou chambre unique. La Nouvelle-Zélande a rejoint les cinq pays (Cuba, Émirats arabes unis, Mexique, Nicaragua et Rwanda) en tête du classement mondial des parlements en fonction du pourcentage de femmes en leur sein réalisé par l’UIP.

D’autres avancées notables en matière de représentation des femmes ont été observées en Australie (qui occupe la première place, avec 56,6% des sièges du Sénat désormais occupés par des femmes), en Colombie, en Guinée équatoriale, à Malte et en Slovénie.

Des élections aux enjeux de taille ont abouti à des résultats incontestables pour les femmes en Angola, au Kenya et au Sénégal. En Asie, les résultats obtenus en 2022 reflètent de grandes disparités. Au Japon, où le Sénat est traditionnellement à prédominance masculine, le nombre de femmes élues n’a jamais été aussi élevé. En revanche en Inde, les femmes n’ont remporté que 15,1 % des sièges à la chambre haute, une proportion largement inférieure aux moyennes mondiales et régionales.

C’est dans la région Pacifique que le taux de croissance de la représentation des femmes était le plus élevé (+1,7 point), avec en moyenne 22,6 % de femmes dans les parlements. Pour la toute première fois, chaque parlement du Pacifique compte au moins une femme.

Dans les 15 chambres parlementaires renouvelées en Europe en 2022, la représentation des femmes a peu évolué, stagnant à 31%.

Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, sept chambres ont été renouvelées en 2022. En moyenne, 16,3 % des sièges de ces chambres ont été remportés par des femmes, soit le pourcentage le plus faible enregistré dans le monde cette année-là. Trois pays se situaient en dessous de 10% : l’Algérie (chambre haute 4,3%), le Koweït (6,3%) et le Liban (6,3%).

Bahreïn se distingue dans la région avec un nombre record de huit femmes élues à la chambre basse, dont beaucoup pour la première fois. Au total, 73 femmes (sur 330 candidats) ont brigué un siège à la chambre basse, contre 41 en 2018. En outre, 10 femmes ont été nommées en 2022 à la chambre haute, qui compte 40 membres.

Les quotas, un outil efficace 

Une fois encore, les quotas législatifs ont joué un rôle déterminant pour accroître la représentation des femmes. Les quotas inscrits dans la constitution ou prévus par les lois électorales exigent qu’un nombre minimal de candidats soient des femmes (ou appartenant au sexe sous-représenté). Dans le cadre des élections tenues en 2022, la proportion de femmes élues était nettement plus élevée dans les chambres ayant des quotas législatifs ou des quotas législatifs et des quotas volontaires mis en place par les partis (30,9% contre 21,2%).

Selon Lesia Vasylenko, Présidente du Bureau des femmes parlementaires, « chaque femme élue rapproche un peu plus les parlements de leur objectif de devenir plus inclusifs et représentatifs. Et nous ne pouvons que nous réjouir d’observer une plus grande diversité cette année dans le cadre de nombreuses élections à l’échelle mondiale. Mais les progrès sont bien trop lents, la moitié de la population mondiale étant toujours sous-représentée. Il est urgent de changer les choses pour renforcer la démocratie partout dans le monde ».

Duarte Pacheco, Président de l’UIP note pour sa part que « la seule façon d’accomplir des progrès tangibles en matière d’égalité des sexes dans les parlements est de partager les responsabilités entre les hommes et les femmes ». « J’exhorte mes collègues hommes au sein de tous les parlements du monde à travailler de concert avec leurs homologues féminins pour aller de l’avant et accélérer le changement », a-t-il dit.

Quant à Martin Chungong, Secrétaire général de l’UIP, il observe que « les études montrent qu’il existe encore trop d’obstacles qui empêchent les femmes d’accéder au parlement ou qui les contraignent à quitter la vie politique, comme nous l’avons constaté récemment ». « Nous disposons des données, des outils et des solutions pour faire de l’égalité des sexes une réalité, par exemple en rendant les parlements sensibles au genre et exempts de sexisme, de harcèlement et de violence. Ce qu’il manque aujourd’hui pour y parvenir, c’est une volonté politique au plus haut niveau », a-t-il ajouté.

L’Union interparlementaire

  • L’UIP est l’organisation mondiale des parlements.
  • Elle compte aujourd’hui 178 Parlements membres et 14 organismes parlementaires régionaux.
  • Elle œuvre pour la démocratie et aide les parlements à se renforcer, se rajeunir, se rapprocher de la parité hommes-femmes et à représenter la population dans toute sa diversité.