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Issa Hayatou : « Un individu au niveau de la FIFA a estimé qu’il fallait absolument m’écarter »

Il a géré pendant presque trois décennies la destinée du football africain et lui a donné des lettres de noblesse. Lorsque en 1988 il prenait la charge de l’instance du football du continent, ce n’était en réalité qu’une petite échoppe où trois ou quatre personnes se réunissaient pour réécrire ce qui s’est fait l’année d’avant. Mais c’est de manière disgracieuse qu’il a été poussé à la porte, des camerounais ayant participé au complot.

Suspendu par la FIFA pour corruption, dans le cadre de l’attribution d’un marché de droits télévisuels à Lagardère, Issa HAYATOU a été réhabilité par le Tribunal arbitral du sport. Pour lui, cette suspension non-fondée était l’œuvre d’un homme, Gianni INFANTINO. « Un individu au niveau de la FIFA a estimé qu’il fallait absolument m’écarter. On m’a écarté, mais moi j’avais ma conscience tranquille, jamais je n’en ai parlé à qui que ce soit, parce que je savais que c’était de la fantaisie, de la jalousie », confie d’emblée l’ancien patron de l’instance faîtière du football africain.

Il affirme avoir saisi le TAS parce que convaincu de son innocence. « J’ai quand-même accepté de faire appel, et cela a abouti trois avant la fin de la CAN. Vous voyez comme le destin est fait, c’est pendant que cet individu était au Cameroun que le TAS a levé cette suspension. Il est venu et m’a félicité, et moi je lui avais dit, trois quatre jours avant la levée de ma suspension, qu’il voulait m’enterrer, mais Dieu a décidé autrement, et je me porte toujours bien. Aujourd’hui, l’affaire est terminée, je n’ai rien contre lui, je lui souhaite bonne continuation au niveau de la FIFA. »

S’agissant des raisons qui auraient motivé le président de la FIFA à se débarrasser de lui, il parle d’une crainte de le voir brigueur la présidence de l’instance dirigeante du football mondial. « On m’a dit qu’il craignait que j’allais être candidat contre lui, c’est pour ça qu’il aurait pris cette décision. De toutes les façons, ce qui est sûr, c’est que pendant mes vingt-neuf ans de règne à la Confédération africaine de football, je n’ai jamais pris une décision sans associer tous les membres du comité exécutif. C’est le comité exécutif dans son ensemble qui avait pris la décision de signer avec Lagardère. Tout ça c’était des prétextes pour pouvoir m’écarter. Avant d’être à la CAF, j’étais président de la Fédération camerounaise de football. Partout où je suis passé je n’ai pas pris 1 franc, jamais  »

À en croire HAYATOUINFANTINO s’est entouré de plusieurs personnes, parmi lesquelles des Camerounais, pour le mettre hors-jeu. Il s’abstient en revanche de donner des noms, même s’il s’en prend particulièrement à AHMAD AHMAD, son successeur à la CAF. « Il n’a pas terminé son mandat, durant son parcours, on a recensé pas mal de choses qui n’allaient pas, et c’est même la FIFA qui l’a aussi suspendu. Cette même FIFA qui avait tout fait pour qu’il soit candidat contre moi, parce que tous ceux qui travaillaient avec moi n’avaient pas voulu se présenter contre moi. Lui on est allé le monter de toutes pièces, il a accepté, il est venu, on a vu le résultat.  »

L’ancien président de la FECAFOOT fustige véhément la mainmise du président de la FIFA sur la CAF. « Comment la FIFA peut désigner le secrétaire général de la CAF ? Ils ont renvoyé pas mal de personnes qui étaient avec nous, pour emmener des gens afin de pouvoir asseoir leur personnalité au sein de cette organisation. Pourquoi ces gens qui sont venus désigner des responsables à la CAF (douze ou treize personnes au sein du comité exécutif), ne l’ont pas fait au niveau de l’Europe, de l’Asie, de l’Océanie ? C’est seulement la CAF qui les intéresse…  »

Pour HAYATOU, le simple fait qu’Infantino ait demandé à Augustin SENGHOR et Jacques ANOUMA de retirer leur candidature à la présidence de la CAF, au profit de Patrice MOTSEPE, est la preuve qu’il contrôle la CAF. « Ils étaient trois candidats à la présidence de la CAF, mais le président de la FIFA a demandé aux deux autres de se retirer, pour laisser la place.