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Le Sommet de Lomé sur la cybersécurité s’est achevé jeudi 24 mars. Au terme de deux jours de conférences, les pays africains ont été invités à passer à l’action pour davantage sécuriser l’espace numérique du continent. Chaque délégation a clairement exprimé sa vision de ce que devrait être la collaboration interafricaine face aux menaces cyber.

(Cio Mag) –  Vingt-neuf (29) pays ont consigné leur engagement pour la cybersécurité dans la ‘’Déclaration de Lomé’’. « La Déclaration de Lomé incite les pays à adopter un cadre légal et réglementaire adéquat, à avoir une vraie stratégie en matière de cybersécurité, à créer des agences opérationnelles et à ratifier la convention de Malabo », a expliqué Cina Lawson, Ministre de l’Economie numérique et de la transformation digitale du Togo. Pour elle, « la sensibilisation du publique et la coopération interafricaine » resteront des leviers critiques pour des actions concrètes.

Au terme des deux jours d’échanges, le Togo envisage déjà la prochaine étape. Pour Cina Lawson, c’est la nécessité pour tous les ministres participants à ce sommet de Lomé (en présentiel ou en ligne) de porter la ‘’Déclaration de Lomé’’ dans leurs pays. « Il faut un engagement ferme », insiste-elle. Avec la Commission économique des Nations-Unies pour l’Afrique (CEA), les acteurs réfléchissent à un leadership pour pousser la Déclaration de Lomé. Un centre devrait être mis en place pour en assurer le suivi.

Fédérer les efforts

Plusieurs délégations africaines ont participé au sommet de Lomé. Pour le Bénin, ce sommet a permis de fédérer les efforts de chaque pays. « La Cybersécurité est un enjeu mondial et continental. Aucun pays ne peut assurer sa cyberdéfense de façon isolée. Il est important que tous les pays coopèrent. Le sommet de Lomé était une belle opportunité pour fédérer les efforts nationaux sous la vision de nos chefs d’Etats et l’opportunité aussi d’échanger les bonnes pratiques et nous entretenir sur les nouveaux modèles de coopération »,  a déclaré Aurelie Adam Soule Zoumarou, Ministre du numérique et de la digitalisation du Bénin.

Pour Léon Juste Ibombo du Congo, la ‘’Déclaration de Lomé’’ « permettra aux chefs d’Etat et de gouvernement d’intégrer le volet économie numérique dans leurs axes prioritaires. C’est aussi une déclaration pour pousser les Etats à ratifier l’instrument qu’est la convention de Malabo. C’est une prise de conscience au plus haut sommet des Etats. L’engagement du Congo est ferme et il faut une coopération, parce que nous ne savons pas d’où peuvent venir les attaques », a soutenu Léon Juste Ibombo, Ministre des postes, des télécommunications et de l’économie numérique du Congo. Selon lui, la coopération africaine est un impératif pour ensuite aller vers une coopération internationale.

La République Démocratique du Congo, représentée par son Ministre du numérique, Désiré-Cashmir Kolongele Eberande a appelé lui-aussi à la consolidation du cadre légal et réglementaire. « Nous devons veiller que cette coopération marche et fonctionne, veiller à la prise en compte de la cybersécurité dans tous les projets numériques », a insisté le ministre Eberande. La RDC a pris la mesure de protéger toutes les données nationales de façon à assurer au pays une souveraineté numérique, a expliqué le ministre. Occasion pour lui d’appeler les autres pays à aller dans ce sens.

La Namibie, la Somalie, la République de Maurice, le Gabon ; le Ghana, le Tchad, la Guinée, tous ont insisté sur la mutualisation des efforts nationaux.

Gal. Yark Damehame, Ministre de la sécurité et de la protection civile du Togo

Ce que prône le Togo, c’est l’adaptation aux nouvelles menaces. Son Ministre de la Sécurité et de la protection civile a présidé la clôture du sommet. Le Général de brigade, Yark Damehame a insisté : « nous devons nous assurer de bâtir un cyberespace sécurisé et prospère. Cette sécurité passe d’abord par un cadre légal adapté qui prend en compte les nouvelles opportunités mais également les nouvelles menaces cyber. Elle s’incarne ensuite par la sécurisation des données personnelles qui sont vitales. Elle se matérialise enfin par un écosystème capable de prévenir ou d’atténuer les risques cyber », a conclu le Ministre de la sécurité et de la protection civile du Togo.