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Fragilisé par les crises pétrolière et sanitaire de covid-19, ainsi qu’une situation sécuritaire préoccupante, le Cameroun est en quête de financements pour relancer l’activité économique. Mais le spectre des milliards FCFA d’emprunts précédents non décaissés plane sur les nouveaux accords de prêts.

Le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya (photo), vient de signer un décret habilitant le ministre de l’Economie, Alamine Ousmane Mey, à signer un accord de crédit d’un montant de 54,1 milliards FCFA avec l’Association internationale de développement (IDA), l’un des guichets de la Banque mondiale. A en croire le texte présidentiel, cet emprunt servira « au financement de la troisième opération d’appui aux politiques de développement au Cameroun ».

Ce nouvel emprunt va contribuer à augmenter l’encours de la dette du Cameroun auprès de la Banque mondiale, bailleur de fonds qui est déjà le plus gros pourvoyeur de financements au Cameroun, au niveau multilatéral. En effet, selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), le gérant de la dette publique du pays, l’encours global de la dette extérieure du Cameroun à fin mars 2021 « se compose principalement de 37,5% de dette contractée auprès des guichets IDA et BIRD de la Banque mondiale [contre 30% de dette contractée auprès de la BADNdlr], soit 1 054,9 milliards FCFA ».

Au demeurant, l’emprunt que se prépare à contracter le Cameroun remet au goût du jour le problème du décaissement des fonds mis à disposition par les bailleurs de fonds, souligne Investir au Cameroun. En effet, alors que le pays a grand besoin de financements et enchaîne des accords de prêts, plusieurs milliards de francs CFA pourtant dûment mis à la disposition du Cameroun tardent généralement à être décaissés, alors que pour plusieurs de ces crédits, les intérêts commencent généralement à courir.

Selon la CAA, la Banque mondiale est d’ailleurs l’institution qui détient la plus grosse enveloppe de ces emprunts qui tardent à être décaissés, appelés techniquement « SEND » (soldes engagés non décaissés). En effet, révèle la CAA dans son rapport sur la dette publique du Cameroun à fin mars 2021, « les SEND extérieurs (hors appuis budgétaires) sont estimés à fin mars 2021 à 3 163,6 milliards FCFA. Ils seront tirés à hauteur de 53,5% des conventions de financement signées avec les bailleurs de fonds multilatéraux, dont 651,7 milliards FCFA à décaisser auprès de la Banque mondiale à travers ses guichets IDA et BIRD, soit 37,1% des SEND multilatéraux ».

BRM