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Le gouvernement camerounais a entamé une opération d’actualisation du fichier des associations et des ONG étrangères exerçant dans le pays. Celles ne disposant pas d’un dossier à jour, seront directement pénalisées par les autorités.

« Notre logique, c’est d’abord la sensibilisation, l’éducation, ensuite on va passer à l’étape répressive en […] disant que telles organisations n’ont pas le droit d’exercer au Cameroun, et elles vont plier bagage et on ne va plus parler de ces ONG-là », a souligné à la radio nationale, lundi, le ministre de l’Administration Territoriale, Paul Atanga Nji.

« Nous leur avons envoyé un communiqué. Vous les connaissez, elles vous font des rapports sur le Cameroun, sur l’état des droits de l’homme, sur ceci ou cela. Le moment est venu de savoir si ces gens ont le droit de travailler ici. Nous devons être regardants sur cette question-là », a-t-il relevé.

« Quand nous constatons que l’ONG travaille en marge de nos lois, nous faisons ce qu’on appelle un rappel à l’ordre. C’est ce qui se passe aujourd’hui. Il y a un fichier des ONG. Quand je constate qu’il y en a, par exemple, une trentaine ou une quarantaine et qu’à la fin de chaque année, nous avons des rapports sur 2, 3, 4, 5 ou 6, nous pensons qu’il y a un problème. Il y en a qui font de bonnes choses, il y en a qui font de très mauvaises choses. Donc c’était un rappel à l’ordre nécessaire », a précisé le ministre camerounais.

Dans un communiqué signé le 26 août courant le ministre camerounais de l’Administration territoriale a annoncé une opération d’actualisation du fichier des associations et des ONG étrangères exerçant au Cameroun.

Dans son communiqué, il les a invités à déposer au sein de son département ministériel, dans un délai d’un mois, c’est-à-dire d’ici à fin septembre, un dossier composé, entre autres, de l’original de l’acte portant autorisation d’exercer au Cameroun, deux exemplaires des statuts de l’association, l’acte de désignation du représentant de l’association, le plan de localisation de l’association.

« Si le gouvernement réagit ainsi, c’est parce que les ONG font bien leur travail. Il y a une crainte au niveau du gouvernement. Leur menace ne découragera par les ONG. Nous allons continuer dans la même lancée », a affirmé à l’Agence Anadolu la présidente du Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (Redhac), Mme Maxi Mbe.

Il faut noter que l’organisation humanitaire internationale Médecins Sans Frontières (MSF) a été suspendue au Cameroun en décembre 2020 alors qu’elle prenait activement part dans la crise dans les deux régions anglophones du pays.

« Cette décision intervenait cependant après une série d’allégations accusant MSF de soutien aux groupes armés locaux, accusations que MSF a sans cesse catégoriquement rejetées, que ce soit dans ses échanges avec les autorités ou dans l’espace public », avait expliqué l’ONG dans un communiqué en juin dernier.

Le 8 août dernier, l’ONG a annoncé qu’elle avait été contrainte de retirer ses équipes médicales du Nord-Ouest du Cameroun après plusieurs mois de suspension de ses activités par les autorités camerounaises.